La fontiere croate se trouvant a 8km de Mohacs, c”est de bon matin que nous nous presentons devant les douaniers. Il faut savoir qu’on ne rentre pas comme ca en Croatie, il faut montrer pate blanche, les automobilistes se voient contraints de vider entierement leur voiture et les cyclistes doivent patienter un bon moment que le douanier puisse verifier sur tous les fichiers du monde que notre passeport est valide. C’est la qu’on voit que l’Europe c’est pratique, c’etait la premiere fois qu’on a du sortir nos passeports.
Il est extremement frappant de constater a quel point le paysage et l’atmosphere changent d’un pays a l’autre. La Croatie est beaucoup plus valonnee, nous nous retrouvons face a nos premieres cotes (dur dur dur avec les bagages et la chaleur, a raison d’une barre energetique a la fin de chaque cote, on a epuise notre stock en 3 jours). Il est plus aisee de trouver son chemin qu’en Hongrie, les petits panneaux indicateurs de la route du Danube refont leur apparition : les Croates ont bien compris qu’ils pouvaient profiter de la manne touristique. Au moindre lac, a la moindre foret, ils proposent une halte ou un circuit.
Notre premiere etape dans ce pays etait relativement petite, 70km jusqu’a Osijek, reputee comme ayant ete la ville la plus verte de toute l’ex-Yougoslavie. Nous sommes accueillies par une famille d’expatries americains, qui travaillent pour une organisation chretienne avec les etudiants de la ville. Ca fait du bien de retrouver un peu la vie de famille ! La conversation fut tres enrichissante, c’etait interessant d’apprendre sur la culture croate a travers les yeux d’Americains. Le mari etant photographe, on a egalement passe une bonne partie de la soiree a parler appareils photo du debut du siecle et a regarder ses cliches. Petite balade dans la ville avant de se coucher, tres agreable, vivante et plutot bien reconstruite apres les destructions dues a la guerre.
Depart tres matinal le lendemain car nous avons une journee difficle devant nous ; 130km jusqu’a Novi Sad dans la chaleur et avec quelques cotes selon le guide. Nous rencontrons notre charmant ami allemand sur le chemin, qui nous donne rendez vous a 9h le soir a Novi Sad.
A 10h, apres 50km, nous sommes a Vukovar, une ville qui porte encore les stigmates de la guerre, impacts de balles sur les murs et encore beaucoup de batiment effondres, Petite pause pour reprendre des forces avant les 40 prochains km qui d’apres la cartes sont une succession de montees et de descentes. C’etait peu dire, le guide avait oublie de mentionner que meme sur les parties relativement plates les Croates s’amusent a faire des routes en dos d’ane sur des km…il nous faut 4h pour arriver jusqu’a Ilok, le dernier village avant la frontiere serbe, qu’on a cru jamais pouvoir atteindre. C’est dans ce village qu’une nouvelle expression est nee : “rappelle toi Ilok”, a usiter quand l’objectif a atteindre demande beaucoup beaucoup d’efforts. Apres Ilok, nous faisons notre entree en Serbie, mais ceci est encore une autre histoire…
Une des morales de ces 2 jours en Croatie tient en quelques mots : la Croatie ce n’est pas plat.


